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Dimanche 01 Novembre 2015

[DOSSIER] Changement de niveau !

Fini, le travail en surface. Depuis quelques semaines, le terrain est prêt pour la réalisation du tunnel, aussi appelé "tranchée couverte", qui accueillera la future voie ferrée. Et c'est au sous-sol que ça se passe !

Plutôt parois moulées...

Pour réaliser une tranchée couverte, il faut construire deux parois latérales, un « plafond » et une dalle au sol, nommée « radier », chargée d’accueillir la voie ferrée. Portion par portion, c’est une même opération qui se répète (voir croquis plus bas).

Dans un premier temps, deux cavités sont creusées pour délimiter la voie ferrée. Des armatures métalliques coulées dans du béton sont ensuite insérées dans ces cavités pour permettre l’édification des deux murs latéraux, appelés « parois moulées ». Une dalle en béton est enfin construite en surface avec des ouvertures pour permettre l’extraction de la terre comprise entre les deux parois moulées. 

Une fois les travaux terminés, ces ouvertures sont refermées et le tunnel a son « plafond » ! Si cette technique des « parois moulées » est utilisée sur la moitié du tracé, SNCF Réseau a opté pour la technique des « parois parisiennes » depuis la rue du Jura jusqu’à la remontée en surface, côté Annemasse.

RÉALISER UNE TRANCHÉE COUVERTE
avec la méthode des parois moulées

1) Creuser deux cavités
2) Plonger l'armature métallique 
Les murs latéraux sont construits !

EN 4 ÉTAPES
 

3) Extraire la terre entre les murs latéraux
4) Reboucher le plafond
Le tunnel peut accueillir la réalisation du radier !

... Ou parois parisiennes ?

Sur le principe, seule la méthode change puisqu’il s’agit toujours d’ériger les deux murs latéraux. Des pieux, espacés de 2,5 m environ, sont d’abord coulés dans le sol pour délimiter la voie ferrée. La dalle supérieure est alors réalisée sur ces pieux de la même façon que pour les parois moulées. 

Le sol est ensuite décaissé, par palier, pour permettre de projeter du béton devant les pieux. L’opération est ainsi répétée jusqu’à atteindre la profondeur souhaitée. Le choix entre « moulées » et « parisiennes » n’est pas du tout affaire de goût ! En effet, c’est parce que la ligne ferroviaire est réalisée dans la nappe phréatique sur la majeure partie du tracé que le choix s’est porté sur la méthode des parois moulées, qui participe à l’étanchéité du tunnel.

Lorsque cette nappe n’impacte pas le projet, la technique des parois parisiennes devient plus adaptée. Enfin, la dernière étape reste la création de la voie ferrée, qui fera l’objet d’un article dans une prochaine lettre d’information… Patience !

RÉALISER UNE TRANCHÉE COUVERTE
Avec la méthode des parois parisiennes

1) Forer puis former les pieux en béton
2) Extraire la terre entre les pieux
3) Décaisser le sol tous les 1,5m
4) Projeter le béton

Des collègues qui en imposent

Avec l’arrivée de ces opérations, les pelles mécaniques ont laissé place aux engins de forage de plus grande envergure. Pour les « moulées », c’est une immense grue munie d’un godet spécial qui vient creuser le sol jusqu’à 20 m de profondeur, avant l’insertion des armatures métalliques puis du béton par les entreprises (photo ci-contre)

Tandis que les « parisiennes » se font à l’aide d’une foreuse « 2 en 1 », capable de former un trou cylindrique tout en le remplissant de béton, réalisant ainsi les fameux pieux (photo ci-contre). Au fur et à mesure que le forage est rempli, le béton remonte avec lui certaines boues et éboulis du fond. Cette portion de béton souillé par ces éléments indésirables qui se retrouve en surface est alors absorbée par un camion-aspirateur afin de conserver un béton 100 % sain. Pour les puristes, cette opération s’appelle le recépage.